Perspectives de l’intégration des jeunes « Gen Z 212 » à l’action politique : le grand challenge au Maroc

Écrit par : Marouane Belimam

L’essor de la génération «Gen Z 212», qui regroupe les jeunes marocains nés entre la fin des années 1990 et le début des années 2010, représente un tournant décisif pour l’avenir politique et social du Royaume. Ayant grandi dans un environnement numérique ubiquitaire, hyperconnecté et marqué par une quête de liberté d’expression, ces jeunes portent une nouvelle vision du rapport au pouvoir, à la participation citoyenne et à la justice sociale.

Une génération en quête de sens et d’efficacité, et ce contrairement aux générations précédentes, la Gen Z 212 ne se satisfait pas des discours institutionnels traditionnels. Elle exige des résultats concrets, une transparence accrue et une gouvernance plus inclusive. Elle privilégie la participation horizontale, l’engagement citoyen par les réseaux sociaux et les initiatives locales, plutôt que les canaux classiques jugés lents et verrouillés.

Les moyens déployés par le système gouvernant au Maroc, pour faire face à ce dynamisme, se présentent sous la forme d’une panoplie de mécanismes pour contenir, orienter ou intégrer cette énergie nouvelle :

•   Un investissement exceptionnel de tous les vecteurs de communication à travers tous les leviers notamment les autorités administratives et les acteurs des médias....

•    Une approche intégrée alliant l'administratif et le sécuritaire et le judiciaire pour ajuster et prémunir les jeunes de la propagande incitative à la violence.

•   L' entame de l'exploration de toutes les pistes et les initiatives politiques pour trouver un compromis de les intégrer et dans ce sillage l'expérience du parti PPS avec l'activiste numérique Salima Naji est édifiante.

Ces efforts ont permis de tempérer certaines revendications, mais restent insuffisants pour transformer la jeunesse en véritable acteur de la décision politique.

Le grand challenge : passer de la contestation à l’action politique. Ce défi majeur réside aujourd’hui dans la transition de la Gen Z 212 d’une posture contestataire et critique à une participation institutionnalisée. Si la confiance envers les institutions reste fragile, l’intégration de ces jeunes nécessite :

•    La mise en place de mécanismes de représentativité adaptés à leur mode d’expression.

•    Une refonte des structures partisanes souvent jugées rigides et déconnectées.

•    Une valorisation des initiatives citoyennes issues de la base, en leur donnant une traduction politique concrète.

• Une meilleure médiatisation de parties et de programmes politiques, étant donné que cette frange est vivement active sur les réseaux sociaux.

• Digitaliser le droit de vote, afin d’intégrer les acteurs principaux de ces manifestations
Dans le contrôle du destin de notre pays.

• Concrétiser les requêtes demandés, surtout dans le milieux hospitalier et éducationnel, et les mettre comme nouvelle priorité gouvernementale.

En bref, l’avenir politique du Maroc dépendra de la capacité du système à transformer l’énergie et la créativité de la Gen Z 212 en force de proposition et de co-construction. Plus qu’une question de stratégie politique, il s’agit d’un enjeu de légitimité et de stabilité pour les décennies à venir. Les acteurs politiques de l’échiquier national ont désormais du pain sur la planche pour trouver les moyens de déployer des structures d’organisation virtuelle de ces jeunes et de les amener à une participation concrète lors des différentes échéances électives en perspectives.

La génération Z, au Maroc comme ailleurs dans le monde, se caractérise par une valorisation prononcée de la rapidité d’exécution, érigée en véritable priorité.

Ce rapport au temps se manifeste dans différents aspects de la vie quotidienne. En musique, par exemple, les longues compositions d’autrefois cèdent la place à des titres de trois à quatre minutes, calibrés pour une écoute rapide. Dans la consommation de contenus, les films de deux heures perdent du terrain face aux formats courts et percutants proposés par TikTok ou Instagram Reels, où une vidéo de quelques secondes suffit à divertir, informer ou même instruire. Cette logique s’étend par analogie à d’autres sphères, notamment politique : les jeunes générations exigent des réponses rapides, concrètes et efficaces face aux problématiques sociales et institutionnelles. Dès lors, la réussite politique à long terme ne peut ignorer cette exigence de rapidité et d’efficacité, devenue un marqueur central de la culture Gen Z.

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